• Muriel de Saint Sauveur

Femmes en Asie

Je suis à Kuala Lumpur au Women in Leadership Forum. Autour de moi environ 200 femmes asiatiques de haut niveau, venues de Corée, de Thaïlande, du Japon, de Philippines, de Chine et de Malaisie. Réunies pour deux jours par l’agence organisatrice, ce qui me frappe d’emblée sont leurs vêtements, tous différents et leur similitude. Même attitude souriante et accueillante pour bavarder avec sa voisine.


Nous sommes en Malaisie et nombreuses sont les femmes à être voilées. Seuls les cheveux sont cachés, mais les tenues sont strictes. J’avais oublié que la Malaisie affiche une charia relativement stricte envers les femmes musulmanes, on peut vous arrêter dans la rue si vous embrassez un homme, débarquer chez vous à l’improviste pour vérifier que vous ne cachez pas un amant. J’en frissonne et ce n’est pas dû à la température glaciale qui règne dans notre hôtel. L’air conditionne gèle l’atmosphère, et je regrette presque mes pull-over parisiens.


En fait au fur et à mesure des discours, je découvre que les véritables différences tiennent aux valeurs familiales. Ces femmes ont les mêmes ambitions et les mêmes qualités que nous occidentales, mais les traditions sont encore un vrai frein à leur émancipation. Et pourtant 70% des jeunes diplômés sont des filles et elles dépassent les garçons dans de nombreux domaines. Mais à un certain âge, la pression de la famille pour que la fille rentre à la maison est telle qu’elle finit par céder si elle n’a pas une volonté de fer. Le résultat est que celles qui y arrivent et que je rencontre semblent avoir plus de pouvoir que nous. Elles se sont tellement battues pour y arriver que l’on sent bien qu’elles ne sont pas prêtes à se laisser impressionner par quiconque. Cela les rend extrêmement ouvertes et prêtes à aider les plus jeunes.


Les débats tournent autour des expériences de chacune. Je remarque une coréenne, extraordinaire de charisme, qui a dû convaincre sa famille de faire des études aux Etats-Unis et qui est aujourd’hui une chef d’entreprise reconnue en Corée et rare femme à aller à Davos, Sung Joo Kim. J’écoute Dato (titre honorifique en Malaisie) Dr Norraesah Mohamad, ancienne banquière devenue sénatrice depuis 2005 et très impliquée dans le soutien aux femmes, ou encore une étonnante femme coréenne, partie aux Etats Unis comme nounou, devenue major puis auteur d’une biographie qui a fait d’elle une star. Elle raconte sa vie, hurle, chante et la salle est en liesse. Mieux que Georges Clooney. Ou encore Nasreen Fatema Awal, présidente de l’association des femmes chefs d’entreprise du Bangladesh, qui me décrit son pays comme très très traditionnel. Elles sont encore peu nombreuses, les traditions encore solides mais la jeune génération va faire bouger les esprits, si l’on en croit la première dame de Malaisie, la femme du premier Ministre venue inaugurer le forum. Datin Paduka Seri Rosmah Mansor, vêtue du vêtement traditionnel et acclamée par la foule, réaffirme son soutien au combat des femmes.


Entre deux discours j’ai tenté d’aller à la radio BFM ou je devais être interviewée. 3 heures bloquée dans les encombrements de Kuala Lumpur m’en ont empêché. J’y suis donc retournée le lendemain sans que personne ne soit vraiment étonné de ma mésaventure. Il faut dire que chacun a une voiture et la circulation est un cauchemar. La rédactrice en chef avait posé à toute son équipe la question de mon livre ; un monde au féminin serait-il meilleur ? Sur 7 personnes dont un homme tout le monde était pour la parité. La jeune génération est donc prête à prendre la relève, encourageant et passionnant.


Je vous quitte, je pars demain pour le Pakistan et vous raconterai mon voyage.


A la semaine prochaine.

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