• Muriel de Saint Sauveur

Le féminisme en Russie n’existe pas : portrait de Maria Golovaniskaya

« En Russie, une femme peut tout faire. Les femmes russes sont courageuses, ne se plaignent jamais, veulent tout, un travail, un mari riche, une famille et elles font tout pour l’avoir. Les hommes sont plus faibles et plus sentimentaux. Mais le combat est personnel et aucune d’entre elle n’aidera l’autre. ».


Voila la description de la femme russe par Maria.


A l’opposé de la femme française ou européenne. C’est la même chose pour la culture. J‘ai voulu rencontré Maria Golovaniskaya car sa compétence de linguiste me passionnait. Tout comme comprendre nos différences entre les femmes des deux pays.


Traductrice dans sa jeunesse d’œuvres littéraires françaises, professeur de linguistique structurale et auteur d’un livre sur le sujet, elle découvre peu à peu que les différences culturelles entre nos deux pays sont fondamentales et que bien que s’attirant mutuellement, leurs deux cultures s’opposent. Certes la Russie fascine les français et les russes qui pensent que l’amour est né en France adorent venir dépenser leur argent dans notre pays. Mais en dehors de ces attitudes somme toute sympathiques, rien ne nous rapproche. Les notions de démocratie, de responsabilité sociale, de liberté n’ont aucun équivalent en russe. Pour ces derniers, le mot liberté est individuel et consiste à pouvoir faire ce que l’on veut comme dépenser son argent ou voyager. Notre vision du monde, créée par les hommes qui ont la capacité à l’organiser, le gérer, en calculer les risques, n’a aucun équivalent chez les Russes qui ont une vision irrationnelle de leur passage sur terre. C’est ce qui explique leur faculté à rire de tout, à gaspiller leur argent pour attirer la chance et à admirer le chef qui est forcément quelqu’un de spécial.


Les femmes russes, fidèles à cette culture, veulent travailler et elles sont nombreuses aujourd’hui à y arriver. Elles veulent un mari riche et en changent si cela ne marche pas. Elles veulent aussi une famille assez traditionnelle. Et elles luttent pour obtenir tout ceci avec beaucoup de courage. Elles peuvent éventuellement partager leurs soucis entre amies mais certainement pas s’unir dans un mouvement. Lorsque j’avais demandé si une féministe existait en Russie, on m’avait cité le nom de Maria Arbatova.


J’ai bien sûr acheté son livre, « Mon nom est femme » mais n’ai rien trouvé sur un quelconque combat, j’ai simplement découvert l’histoire de sa vie ; Typique de la Russie. Il existe néanmoins certaines associations comme le Club des 20, réunissant 20 femmes chef d’entreprises ou l’Association Internationale Femme et développement. Mais bien peu comparé aux pays européens d’autant que le mot « féminisme » est mal vu.


Alors la parité, pas un sujet en Russie ? Oui et non car la Russie est à la traîne sur le sujet de l’égalité.


Moscou est une des villes les plus féminines de Russie pour ce qui est de sa population. Cinquante six pour cent des Moscovites sont des femmes. La moyenne russe est de 54 pour cent, alors qu’aux Etats-Unis elle est de 51%. Ce déséquilibre n’ira qu’en s’aggravant: les experts estiment qu’en 2030, Moscou comptera 1.196 femmes pour 1.000 hommes. Entre autres facteurs, cette tendance s’explique par l’espérance de vie: tandis que les femmes vivent en moyenne 73,9 ans à Moscou, les hommes n’atteignent que 61,3 ans.


Les rares acquis sont dus à l’époque bolchevique qui offrit des droits aux enfants et aux femmes pour la maternité. Dans le document présenté par la Russie à l’ONU en Juillet dernier, la femme demeure une mère de famille et non l’épouse et l’égale de l’homme. Si les mondes politiques et professionnels ne comptent pas encore assez de femmes ayant des responsabilités, la Russie a encore 4 ans devant elle pour faire avancer les choses.


Mais pour Maria, les lois ne serviront à rien car tout combat russe est personnel. Son second livre à paraître bientôt sera l’équivalent russe Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes et étudiera les archétypes amoureux dans la littérature russe.


Nous ne pouvons copier nos modèles estiment les anthropologues, mais souhaitons que les femmes russes apprennent à s’entraider pour affronter la dureté de leur univers.

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