• Muriel de Saint Sauveur

HUMEUR DU JOUR Et si porter une jupe devenait le nouvel acte révolutionnaire!

En 1950 en France, porter un pantalon était un acte presque révolutionnaire. En 1967,  Yves Saint Laurent, après Coco Chanel, nous montre comment le piquer aux hommes tout en restant séduisante. Les filles s’en emparent et volent aussi à leurs compagnons leurs chemises ou leurs pulls over. La liberté s’empare des femmes de cette époque.


Durant la décennie 60 70, les écoles religieuses que j’ai fréquentées, Saint Marie, Sainte Ursule, ou Louise de Bettignies, nous imposaient le port de la jupe bleu marine. Le pantalon n’était alors autorisé que lorsque la température l’imposait, et dans ce cas il devait se cacher sous la jupe. Evidemment nous en rêvions, de ce pantalon que l’on nous interdisait.


En 1980, la mode encore, par l’intermédiaire de Jean-Paul Gaultier, nous offre la possibilité de porter cet horrible uniforme qu’a été ce fameux pantalon sous la jupe. Sous les doigts inventifs de Jean-Paul, l’uniforme devient un outil « fashion » et nous rappela  notre honte lorsque nous portions ce truc bizarre.


En 2016 passant devant le Lycée Pasteur de Neuilly sur Seine, j’observe les ados bavardant sur le trottoir. Un uniforme finalement mais pas le même. Point de jupe à l’horizon. Filles et garçons portent des jeans slims, les filles les accompagnent de baskets blanches en ce moment, de cabas Vanessa Bruno et de vestes plus ou moins couteuses suivant le niveau de vie des parents. Elles peuvent montrer les épaules, de temps en temps découvrir un bout de ventre mais point de jambes visibles. Les garçons ont à peu près les mêmes vêtements à quelques détails prés.


Septembre 2016 je suis devant le lycée français de Rabat au Maroc. Il fait encore très chaud, presque 30 degrés et cette chaleur inattendue à cette période de l’année m’a poussé à emporter des robes. Simples, arrivant aux genoux, mais larges pour me permettre de respirer.  Mon observation de la sortie du lycée français me laisse songeuse. Pas une robe à l’horizon si ce n’est celles portées par les professeurs mais surement pas par les élèves. Les filles sont la copie conforme des filles de Neuilly sur Seine, les plus hasardeuses montrent un minuscule bout de ventre ou un morceau de bras. Et les jambes alors ? Et bien les seules jambes que je vois sont celles des garçons, car le bermuda a pris le pouvoir devant le jean trop chaud. Eux ont le droit !


Que ceux et celles qui pensent que la mode est superficielle passent leur chemin, les autres savent que c’est un marqueur social, politique et religieux. Et que c’est ce qui a poussé les français, peuple incompris par certains, à se révolter devant les nouvelles normes de certaines femmes. Mais finalement qu’est-ce qui me choque en 2016 ? Une inégalité de traitement encore. Les garçons s’habillent comme ils le souhaitent, il fait chaud on met un bermuda, et les filles s’habillent comme on le souhaite, comme les injonctions de la société les poussent à le faire.


L’histoire du vêtement nous montre qu’il est un élément essentiel de la situation des pays, et au grand désarroi de ma génération qui pensait avoir gagné toutes les libertés, mes petites filles n’ont et n’auront pas les mêmes si l’on n’y prend pas gare.


Savoir choisir son vêtement en fonction de l’environnement et de la journée est un acte réfléchi et d’intelligence, on peut en jouer et avoir différentes personnalités suivant les situations. C’est un plaisir.


Devoir choisir parce que la société vous y pousse et que la sécurité est l’un des facteurs de votre choix n’est plus un jeu, c’est une obligation.


Rabat et Paris, même combat. La jupe deviendrait-elle le nouvel objet révolutionnaire ?

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