• Muriel de Saint Sauveur

Ellen Johnson Sirleaf, un moment d’émotion

Apres avoir reçu son prix Nobel à Oslo, Ellen Johnson Sirleaf est passée à Paris invitée par l’Académie Diplomatique Internationale. Une belle soirée. Elle arrive élégante vêtue d’un tailleur pantalon, un turban assorti, très classe. L’assemblée se lève et applaudit la première chef d’Etat d’un pays africain, le Liberia, prix Nobel de la paix, et surnommée la dame de fer de l’Afrique.


Interviewée par Alison Smale, rédactrice en chef du Herald Tribune, Ellen décrit son parcours et les raisons qui l’ont poussé à se battre dans la vie. Emprisonnée à plusieurs reprises mais déjà connue par sa vie politique et donc soutenue dans son combat pour la liberté, elle réalise combien d’inconnus sont emprisonnés en même temps qu’elle sans que quiconque ne lève le doigt pour eux, cette foule de gens obscurs que personne ne soutiendra jamais et dont aucune presse ne se fera l’écho. Cette prise de conscience lui a donné la force nécessaire a son combat, celui pour la démocratie, le droit des femmes et l’éducation des enfants, la paix dans son pays qu’elle souhaite voir demain comme un exemple pour les autres. Et pourtant il y a encore beaucoup à faire.


Elle sait qu’elle représente désormais un symbole, que tout ce qu’elle fera ou dira sera examiné à la loupe, elle sait qu’elle est un modèle pour les autres femmes spécialement ces femmes africaines qui souffrent tant. Cela rend humble ajoute-t-elle. Si l’Afrique est aujourd’hui considérée comme un continent émergent et dont le potentiel attire les investisseurs, la situation des femmes y est encore extrêmement dure et c’est probablement, ajoute-t-elle, ce qui les rend si courageuses et si combattives. Elle attend de l’Europe des échanges d’expériences, des partages d’idées et de modèles pour que l’Afrique sache ce qu’il est possible de faire. « Je ne suis pas née en décidant de devenir présidente, dit-elle en souriant, mais la prison m’a donné cette force qui me porte désormais. »


Lorsqu’on lui demande si une personnalité l’a inspirée, elle cite sa mère puis Nelson Mandela, en insistant sur le courage mais surtout sur la sagesse de cet homme dont les épreuves n’ont provoqué aucune colère contre son pays. Elle aurait eu de la colère avoue-t-elle. Elle sait qu’après 30 années de dépravation, son pays va mettre du temps à se reconstruire et à acquérir des valeurs démocratiques. « Lorsque vous vous battez pour nourrir votre famille, il y a un moment ou tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif ».


Elle est réaliste, il y a de nombreuses priorités pour redresser le Liberia. Elle termine son discours en donnant un conseil aux femmes du monde entier:  » trouver votre voie, prenez des positions, allez-y, n’hésitez pas, soyez visible. »


Je suis impressionnée et regonflée, voilà le genre de personnes que nous avons besoin de rencontrer et d’admirer.


Un peu d’émotion me semble indispensable en ces temps européens qui en manquent tant.

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